The Indus Delta: The Slow Disappearance of a World
ENGLISH :
The Indus Delta: The Slow Disappearance of a World
At the southernmost tip of Pakistan, the Indus Delta is slowly disappearing beneath the salt. Where the Indus River meets the Arabian Sea, within a vast labyrinth of mangroves, rice fields and fishing villages, fresh water retreats a little more each year. The land turns white, crops die, and entire villages are gradually emptied of their inhabitants.
Once one of South Asia’s most fertile ecosystems, the delta has become one of Pakistan’s regions most vulnerable to climate change. Since the 1950s, the flow of fresh water reaching the region has collapsed by 80% due to dams, irrigation canals and the overexploitation of the river upstream. Deprived of the Indus’ natural flow, the delta is gradually being overtaken by seawater.
In some areas, the soil has become unproductive. Rice, cotton and banana crops are declining, while grazing lands are disappearing under the effects of salinisation. Fishing, once at the heart of the local economy, is no longer enough to sustain many families. In Kharo Chan, only a handful of inhabitants remain. Schools have closed, houses have been abandoned, and many families have left the region for Karachi.
According to the Jinnah Institute, more than one million people may have left the Indus Delta over the past two decades. In the outskirts of Karachi, residents originally from the delta tell the same story: that of a land that has become partly uninhabitable. Moving between the villages of the Indus Delta and Karachi’s exile neighbourhoods, this project documents the gradual disappearance of a territory shaped for centuries by the river, and the silent exile of its inhabitants.
FRANÇAIS :
Delta de l’Indus : la lente disparition d’un monde
À l’extrême sud du Pakistan, le delta de l’Indus disparaît lentement sous le sel. Là où le fleuve Indus rejoint la mer d’Arabie, dans un vaste labyrinthe de mangroves, de rizières et de villages de pêcheurs, l’eau douce se retire désormais chaque année un peu plus. Les terres blanchissent, les récoltes meurent et des villages entiers se vident progressivement de leurs habitants.
Autrefois l’un des écosystèmes les plus fertiles d’Asie du Sud, le delta est aujourd’hui devenu l’une des régions les plus fragiles du Pakistan face au changement climatique. Depuis les années 1950, le débit d’eau douce atteignant la région s’est effondré de 80% sous l’effet des barrages, des canaux d’irrigation et de la surexploitation du fleuve en amont. Privé de l’apport de l’Indus, le delta est progressivement envahi par l’eau de mer.
Dans certaines zones, les sols sont devenus improductifs. Les cultures de riz, de coton et de bananes déclinent, tandis que les pâturages disparaissent sous l’effet de la salinisation. La pêche, autrefois au coeur de l’économie locale, ne suffit plus à faire vivre de nombreuses familles. À Kharo Chan, il ne reste plus qu’une poignée d’habitants. Les écoles ont fermé, des maisons ont été abandonnées et de nombreuses familles ont quitté la région pour rejoindre Karachi.
Selon le Jinnah Institute, plus d’un million de personnes auraient quitté le delta de l’Indus au cours des deux dernières décennies. Dans les quartiers périphériques de Karachi, les habitants originaires du delta racontent tous la même histoire : celle d’une terre devenue en partie inhabitable. Entre les villages du delta de l’Indus et les quartiers d’exil de Karachi, ce reportage documente la disparition progressive d’un territoire façonné depuis des siècles par le fleuve, et l’exil silencieux de ses habitants.





















