KARAMOJONGS: THE DECLINE OF PASTORALISM

ENGLISH :

Karamojongs: The Decline of Pastoralism

In the heart of the Karamoja plains in northeastern Uganda, cattle remain central to the lives of the Karamojongs. Their herds represent their primary source of wealth. However, since 2019, the region has once again faced a security crisis involving cattle raiding among the various Karamojong ethnic groups, as well as with their neighbors in Kenya and South Sudan. This crisis occurred despite the large-scale disarmament campaign carried out by the Ugandan government in the 2000s. The decline in herds has forced many residents to seek precarious alternatives, such as working in gold, limestone, or marble mines.

Meanwhile, agriculture remains difficult in this semi-arid region marked by repeated droughts and unpredictable rainfall that destroys crops. These phenomena are worsened by climate change. According to the Ugandan government, 45% of the population (585,000 people) experienced food insecurity in April 2024. The World Food Programme also reported 2,465 deaths linked to poor harvests in 2022.

Beyond hunger, access to water is another major challenge. Most villages lack running water and electricity. During the dry season, residents must travel long distances to water their livestock and find grazing land.

The agro-pastoral way of life of the Karamojongs, long neglected by authorities, is undergoing a profound transformation. Many young people are leaving rural areas in search of stable jobs in urban centers. Yet, the inhabitants strongly wish for pastoralism to continue and are calling on the government to provide the essential infrastructure that would enable peaceful livestock farming.

This photographic story documents these transformations and bears witness to the Karamojongs’ attachment to their pastoral way of life, which is under pressure from climate change, security crises, and social transformations.

 

FRANÇAIS : 

Les Karamojongs face au déclin pastoral

Au cœur des plaines du Karamoja, dans le nord-est de l’Ouganda, le bétail occupe une place centrale dans la vie des Karamojongs, et les troupeaux constituent leur principale richesse. Depuis 2019, la région fait à nouveau face à une crise sécuritaire liée aux vols de bétail, aussi bien entre les différentes ethnies Karamojongs qu’avec leurs voisins du Kenya et du Soudan du Sud, malgré la vaste campagne de désarmement menée par le gouvernement ougandais dans les années 2000. La diminution des troupeaux a contraint de nombreux habitants à se tourner vers des alternatives précaires, comme le travail dans les mines d’or, de calcaire ou de marbre.

L’agriculture, de son côté, reste difficile dans ce territoire semi-aride, marqué par des sécheresses répétées et des pluies imprévisibles qui détruisent les récoltes, des phénomènes accentués par le dérèglement climatique. En avril 2024, selon le gouvernement ougandais, 45 % de la population, soit 585 000 personnes, se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire. Le Programme Alimentaire Mondial a par ailleurs recensé 2 465 décès liés aux faibles récoltes en 2022.

Au-delà de la faim, l’accès à l’eau constitue un autre défi majeur. La plupart des villages ne disposent ni d’eau courante ni d’électricité, et pendant la saison sèche, les habitants doivent parcourir de longues distances pour abreuver leur bétail et trouver des pâturages.

Le mode de vie agro-pastoral des Karamojongs, longtemps négligés par les autorités, est aujourd’hui en profonde mutation. Beaucoup de jeunes quittent les campagnes pour chercher des emplois stables dans les centres urbains. Pourtant, les habitants expriment le souhait que le pastoralisme perdure, et demandent surtout que le gouvernement mette en place les infrastructures essentielles qui permettraient de rendre viable l’élevage pacifique du bétail.

Mon reportage photographique s’attache à documenter ces transformations et à témoigner de l’attachement des Karamojongs à leur mode de vie pastoral, confronté aux pressions du climat, aux crises sécuritaires et aux mutations sociales.